L’OSDH, source contestée de la guerre en Syrie

« Créée en 2006, l’OSDH se présente comme «un groupe d’individus, à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, qui documente sur la situation des droits de l’homme en Syrie et leur violation». Elle est devenue à partir de 2011 la principale source d’information des médias occidentaux sur le conflit syrien. Derrière l’OSDH, un seul homme: Rami Abdel Rahman, de son vrai nom Ossoma Suleiman, sunnite laïc, membre de l’opposition, qui vit à Coventry en Grande-Bretagne. Il n’a pas mis les pieds en Syrie depuis 2000, date à laquelle il a quitté le pays pour des raisons politiques. Rahman affirme disposer d’un réseau de plus de 200 activistes sur le terrain, qui lui permettent de centraliser et vérifier l’information »

« Peu d’experts du conflit accordent de la crédibilité aux informations de l’OSDH, et beaucoup s’abstiennent de citer ce que le chercheur Frédéric Pichon qualifie même d’«officine artisanale, sans réelle fiabilité». »

http://www.lefigaro.fr/international/2016/08/09/01003-20160809ARTFIG00148-l-osdh-source-contestee-de-la-guerre-en-syrie.php

“Échanges entre militaires” : les révélations de Seymour Hersh sur la Syrie

Il y a deux articles intéressants concernant l’article  de Seymour Hersh sur la relation  entre les Etat-unis et la Syrie  http://www.lrb.co.uk/v38/n01/seymour-m-hersh/military-to-military :

Les-crises.fr

« À la fin de l’été 2013, le rapport de la DIA avait été largement diffusé, mais bien que de nombreux agents de la communauté du Renseignement aient été au courant de la domination de l’opposition syrienne par les extrémistes, l’armement fourni par la CIA continua d’affluer, ce qui constituait un problème permanent pour l’armée d’Assad. Les stocks et dépôts de Kadhafi étaient la source d’un marché international de l’armement, bien que les prix aient été élevés

Très peu au sein du Gouvernement américain et des médias, se demandèrent pourquoi l’EI viserait un avion de ligne russe transportant 224 passagers et son équipage, si l’armée de l’air russe n’attaquait que les rebelles syriens « modérés ».

Les efforts de la CIA pour entrainer les forces rebelles modérées échouaient aussi lamentablement. Le conseiller expliqua : « Le camp d’entrainement était en Jordanie et sous le contrôle d’un groupe tribal syrien ». Certains de ceux qui avaient signés étaient suspectés d’appartenir à l’armée syrienne, à l’uniforme près. Cela était déjà arrivé, dans les pires moments de la guerre en Irak, lorsque des centaines de miliciens chiites se présentèrent à l’accueil des camps d’entrainement américains le temps d’enfiler de nouveaux uniformes, d’obtenir de nouvelles armes et de suivre quelques jours d’entrainement avant de disparaitre dans le désert.

Mais les Saoudiens étaient loin d’être le seul problème : le renseignement américain avait accumulé des interceptions et des informations de source humaine qui démontraient que le gouvernement Erdogan soutenait Jabhat al-Nosra depuis des années, et faisait de même à présent avec l’EI.

Si Assad échoue, les combattants djihadistes de la Tchétchènie russe, du Xinjiang chinois, et du Cachemire indien tourneront leurs yeux vers leurs fronts respectifs pour continuer le djihad, soutenus par une nouvelle base opérationnelle en Syrie, bien financée et au cœur du Moyen Orient. »

http://www.les-crises.fr/echanges-entre-militaires-par-seymour-hersh/

Voltairenet.org

« Le président Obama laissa donc la CIA poursuivre son opération de renversement du régime syrien, sous couvert de soutien aux « rebelles modérés ». De vastes trafics d’armes furent organisés, d’abord depuis la Libye post-Kadhafi, puis depuis la Bulgarie de Rossen Plevneliev et Boïko Borissov  et plus tard depuis l’Ukraine post-Ianoukovytch

Dans cet article, il affirme que la politique de la Maison-Blanche n’a jamais varié sur quatre points, tous plus absurdes les uns que les autres selon les militaires :
– l’insistance sur le départ du président el-Assad ;
– l’impossibilité de créer une coalition anti-Daesh avec la Russie ;
– le fait que la Turquie est un allié stable dans la guerre contre le terrorisme ;
– et le fait qu’il existerait réellement des forces d’opposition modérée apte au soutien US.

Par la suite, en octobre 2014, la Rand Corporation, principal think tank du complexe militaro-industriel, prit officiellement position en faveur du président el-Assad. Elle souligna que sa défaite serait immanquablement suivie d’une prise de pouvoir par les jihadistes, tandis que sa victoire permettrait de stabiliser la région

À retenir

– Au cours des derniers mois, la Rand Corporation (principal think-tank du complexe militaro-industriel), l’ancien directeur de la Defense Intelligence Agency Michael T. Flynn, l’ancien président du Comité des chefs d’état-major Martin Dempsey, et l’ancien secrétaire à la Défense Chuck Hagel ont mis en cause les contradictions et les hésitations de la Maison-Blanche.

– L’intelligentsia militaire US conteste la politique héritée de l’ère Bush de confrontation avec la Russie. Elle demande une collaboration en Syrie et en Ukraine aussi bien qu’une reprise en main des alliés que sont sensés être la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar.

– Pour les officiers supérieurs US (1) il faut soutenir le président el-Assad qui doit vaincre et rester au pouvoir ; (2) il faut agir avec la Russie contre Daesh ; (3) il faut sanctionner la Turquie qui ne se comporte pas en allié, mais en ennemi ; (4) enfin il faut arrêter d’imaginer qu’il existerait des rebelles syriens modérés et de se cacher derrière ce fantasme pour laisser la CIA soutenir les terroristes. »

http://www.voltairenet.org/article189738.html

Syrie, la théorie des dominos chiites et sunnites

“ On assimile souvent à tort les Alaouites syriens à des Chiites. En Syrie, les Alaouites représentent 10% à 12% de la population et leur religion est de façon très lointaine dérivée du chiisme. Les Assad sont des alaouites et la communauté alaouite est intimement liée à l’Etat syrien.”

“La guerre attire des hommes de tous pays venus se battre les uns contre les autres, avec du côté chiite le soutien de l’Iran et du Hezbollah libanais au régime syrien, et du côté sunnite celui de l’Arabie saoudite, du Qatar, de la Turquie et de différents groupes djihadistes affiliés à d’al-Qaida, qui apportent leur aide à la rébellion syrienne. Les rebelles sont dans leur grande majorité des sunnites comme la majeure partie de la population syrienne.”

http://www.slate.fr/story/75131/syrie-chiites-sunnites

Pourquoi la tête de Bachar el-Assad serait trop coûteuse pour l’Occident

« Au sein même de la communauté alaouite, les critiques sont nombreuses. Mais pour un groupe significatif de la population, assez nombreux pour garantir son pouvoir jusqu’à aujourd’hui, il est au minimum le moindre mal et celui qui est capable de ramener la sécurité dans le pays. Il ne faut pas exclure qu’une partie des Syriens le supporte réellement dans son action. Enfin, sa vrai légitimité ne repose pas sur le suffrage universel mais sur la fidélité d’un appareil répressif efficace. »

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2015/10/30/31002-20151030ARTFIG00149-pouquoi-la-tete-de-bachar-el-assad-serait-trop-couteuse-pour-l-occident.php