Goldman Sachs, une banque de guerre économique

« Si la dissimulation de la dette grecque fut réussie et permit à ce pays d’entrer au sein de la zone euro, la conquête de bénéfices de la banque GS est édifiante. En 2001, lorsque l’affaire fut conclue, le gouvernement devait 600 millions d’euros à la banque, plus les 2.8 milliards qu’elle avait emprunté selon Spyros Papnicolaou. Lorsque ce dernier prit la tête, en 2005, de l’agence de la gestion de la dette du pays, le prix de la transaction avait presque doublé à 5.1 milliards d’euros. Du reste, ce contrat et le maquillage des dettes publiques devaient jouer un rôle dans l’apparition de la  crise de souveraineté grecque qui allait faire évoluer cet affrontement.
En effet, le second niveau du rapport de force apparaît au cours de l’année 2009. Au cours de celle-ci, le nouveau gouvernement socialiste grec de Georges Papandréou annonce que les comptes publics grecs ont été truqués. La nouvelle crée un choc financier pour l’État grec. Dès la fin de l’année 2009, les agences de notation, Fitch la première, dégradent la signature de sa dette, à BBB +. Les marchés commencent à douter de la capacité qu’a l’État grec à rembourser sa dette tandis que les taux d’intérêt payés par celui-ci s’envolent. Le scénario d’une faillite circule dans les salles de marché. Devant les difficultés de la Grèce, la banque GS, son ancienne conseillère, va spéculer sur la baisse de l’euro. Le rapport de force apparaît ici dans toute son ampleur : l’ancienne banque conseillère spécule dorénavant contre l’État grec et a tout intérêt à ce que sa situation ne s’améliore pas, pour que l’euro continue de baisser.
Au cours de l’évolution de ce rapport de force économique, les différents acteurs vont mettre en place des stratégies visant à atteindre leurs objectifs et à prendre le pas sur l’adversaire. »

Goldman Sachs, une banque de guerre économique