Le regain des campagnes antivaccination

« Les mouvements anti-vaccinaux ont toujours existé mais, s’ils ne représentent aujourd’hui encore que 2 % à peine de la population, les médias, Internet et les réseaux sociaux leur permettent de décupler leurs moyens de diffusion et de faire pression plus efficacement sur des personnes d’autant plus indécises qu’elles sont mal informées, en jouant sur le registre de la peur, de l’émotion et d’un individualisme irresponsable sans souci du bien de la collectivité. Il existe ainsi de fait actuellement en France, comme en Europe et aux USA, 15 à 20% d’hésitants sur la vaccination pour eux-mêmes ou pour leurs enfants. Dans ce nouveau contexte de l’information en santé, sachant que participent le plus aux débats publics ceux qui ont les positions les plus radicales, l’Académie met en garde contre le risque que le débat citoyen ne soit monopolisé par la minorité d’anti-vaccinaux. La polémique l’emporterait alors au détriment d’une concertation démocratique et comtructive et, surtout, de la santé publique ! »

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2828

Le durcissement de la guerre froide avec la Russie

« Au cours de la campagne présidentielle, un certain nombre de membres de l’équipe de Donald Trump se sont entretenus avec des diplomates russes, ce qui semble relever du bon sens pour une équipe visant à diriger la première puissance militaire mondiale, mais est vécu comme une potentielle trahison par la presse américaine, les néoconservateurs républicains et les démocrates.

Outre ces égarements, deux agences américaines de sécurité ont accusé la Russie d’interférence dans les élections (via le piratage des emails du parti démocrate). Ces accusations sont traitées comme des faits indiscutables par les médias. Pourtant, à ce jour, aucune preuve tangible n’a été apportée. Tout repose sur des déclarations de la CIA et du FBI et un rapport qui, contrairement à ce qui est souvent dit, n’implique qu’une infime partie de deux organismes de sécurité américaine sur dix-sept (la NSA en particulier ne se serait pas prononcée). (11) De plus, même si ces accusations s’avéraient exactes, elles seraient assez « risibles » comparées aux pratiques américaines d’intervention dans les affaires des autres pays.

On rappellera simplement les documents rendus publics par la CIA qui attestent de l’assassinat par les Américains du dirigeant démocratiquement élu qui avait renversé le Shah d’Iran en 1953, et plus proche de nous les interventions publiques d’Hillary Clinton qui avait encouragé les manifestations anti-Poutine pendant les dernières élections russes.

Il serait donc tentant de tourner en ridicule l’obsession des médias américains à discourir sur l’influence réelle ou supposée du Kremlin dans le processus électoral de 2016. »

Donald Trump siffla trois fois (2/3)

Trump en guerre contre le climat

« Pourquoi Donald Trump retire les USA de l’accord sur le climat

Outre le fait qu’il s’agissait d’une promesse de campagne, ce retrait figurait au programme du parti républicain. Sur les dix candidats à la primaire, seuls deux reconnaissaient la réalité du réchauffement climatique, tout en affirmant qu’on ne pouvait ni ne devait rien y faire.

En effet, le parti républicain s’est radicalisé sous l’impulsion de trois phénomènes : le rejet de Barack Obama, la radicalisation de son électorat (ces deux causes étant liées) et l’influence des groupes qui le finance.

En particulier, les Kock Brothers ont dépensé près d’un milliard de dollars au cours de la dernière campagne (présidentielle et législative). Ces deux milliardaires ayant fait fortune dans les hydrocarbures prônent une ligne politique ultra radicale. Leurs priorités sont le retrait complet de l’État de tous les secteurs d’activité (santé, éducation, services publics…) et la suppression de toute régulation (en particulier environnementale). Avec leurs alliés, ils exercent une influence considérable sur le parti républicain. Tout candidat s’écartant de leur plateforme idéologique, en particulier en ce qui concerne les règles environnementales, se voit retirer leur financement. Dans de nombreux cas, un candidat dissident financé par les Koch Brothers sera présenté contre le républicain modéré dans le seul but de le faire perdre.   »

Donald Trump siffla trois fois (3/3)

Goldman Sachs, une banque de guerre économique

« Si la dissimulation de la dette grecque fut réussie et permit à ce pays d’entrer au sein de la zone euro, la conquête de bénéfices de la banque GS est édifiante. En 2001, lorsque l’affaire fut conclue, le gouvernement devait 600 millions d’euros à la banque, plus les 2.8 milliards qu’elle avait emprunté selon Spyros Papnicolaou. Lorsque ce dernier prit la tête, en 2005, de l’agence de la gestion de la dette du pays, le prix de la transaction avait presque doublé à 5.1 milliards d’euros. Du reste, ce contrat et le maquillage des dettes publiques devaient jouer un rôle dans l’apparition de la  crise de souveraineté grecque qui allait faire évoluer cet affrontement.
En effet, le second niveau du rapport de force apparaît au cours de l’année 2009. Au cours de celle-ci, le nouveau gouvernement socialiste grec de Georges Papandréou annonce que les comptes publics grecs ont été truqués. La nouvelle crée un choc financier pour l’État grec. Dès la fin de l’année 2009, les agences de notation, Fitch la première, dégradent la signature de sa dette, à BBB +. Les marchés commencent à douter de la capacité qu’a l’État grec à rembourser sa dette tandis que les taux d’intérêt payés par celui-ci s’envolent. Le scénario d’une faillite circule dans les salles de marché. Devant les difficultés de la Grèce, la banque GS, son ancienne conseillère, va spéculer sur la baisse de l’euro. Le rapport de force apparaît ici dans toute son ampleur : l’ancienne banque conseillère spécule dorénavant contre l’État grec et a tout intérêt à ce que sa situation ne s’améliore pas, pour que l’euro continue de baisser.
Au cours de l’évolution de ce rapport de force économique, les différents acteurs vont mettre en place des stratégies visant à atteindre leurs objectifs et à prendre le pas sur l’adversaire. »

Goldman Sachs, une banque de guerre économique

Reprise de la guerre froide du Golfe

« Or, le timing et l’enchaînement des faits laissent peu de doute quant à l’origine et l’objectif de la manœuvre. Le jour même de l’attaque informatique, une réunion entre lobbyistes et intellectuels auteurs de plus d’une douzaine d’articles fustigeant le double jeu du Qatar se tenait aux États-Unis. Dans les minutes qui ont suivi la diffusion des faux, Al-Arabiya et Sky News bousculaient leurs programmes pour mettre l’affaire en une de leur édition. Dès minuit, les correspondants étaient prêts, les invités prenaient place sur les plateaux ou en duplex (certains auraient même été prévenus deux heures avant les faits) et aucun crédit n’était accordé aux démentis provenant des officiels qataris. Les commentaires étaient tous similaires : l’hypocrisie du Qatar s’étalait au grand jour, sa proximité avec Israël trahissait la nation arabe et son rapprochement avec l’Iran ne pouvait qu’indigner et mettre en garde ses voisins du Golfe, notamment l’Arabie saoudite. Ce dernier point était particulièrement souligné, du fait de l’hypersensibilité saoudienne sur le dossier. Et comme pour mieux signifier la défaillance de Doha, la chaîne saoudienne Al-Ikhbariya passait un extrait du discours de Tamim ben Hamad Al-Thani à l’Assemblée générale des Nations unies où il déclarait que « l’Iran est un pays important et nos relations bilatérales se développent et évoluent constamment ». »

http://orientxxi.info/magazine/reprise-de-la-guerre-froide-du-golfe,1883

Faut-il se priver de tout plaisir pour rester en bonne santé ?

« Il est temps, aussi, de s’éloigner des clichés en renonçant définitivement aux messages caricaturant le « déviant » – celui qui adopte des comportements malsains – en individu repoussant, isolé, malheureux. Celui qui adopte la bonne attitude étant peint en individu épanoui, beau, heureux et socialement bien intégré.

Réinventer la prévention, c’est aussi et surtout tenir compte de l’environnement dans lequel chacun vit. Certes l’individu dispose de son libre arbitre, mais on oublie un peu trop vite que le contexte influence aussi nos comportements. Le surpoids ne se présente pas de manière homogène selon les niveaux socio-économiques ou selon les régions. Le fait de fumer ou de boire de l’alcool correspond, en partie, à un processus de reconnaissance sociale. Et ce ne sont que deux exemples.

Ainsi la prévention doit devenir un objet de débat et de construction collective impliquant les citoyens. Cela implique que les experts mettent à disposition de tous leurs connaissances sur un sujet, mais aussi leurs interrogations. Faut-il faire 20 ou 30 minutes de marche par jour pour observer un effet bénéfique sur notre santé ? Ouvrons le débat ! Les experts doivent expliciter les changements de comportements qu’ils estiment bénéfiques tout en acceptant de les remettre en question. Un objectif de réduction de la consommation d’alcool, par exemple, ne sera sans doute pas perçu de la même façon dans une région non-vinicole et une région vinicole, ou encore dans un territoire ultramarin de production de rhum. »

https://theconversation.com/faut-il-se-priver-de-tout-plaisir-pour-rester-en-bonne-sante-77631

TAXIS contre VTC, comment sortir de la crise du transport rémunéré de personnes, en France ?

« L’histoire des taxis est donc jalonnée de crises auxquelles les différentes stratégies adoptées pour y mettre fin, ou les limiter, ne semblent, à chaque fois, qu’apporter une solution temporaire, et doivent être révisées encore et encore avec l’évolution technique, économique ou sociale. Et la dernière en date n’est pas des moindres. Avec l’arrivée des plateformes numériques de mise en relation, qui ont ouvert la route à l’explosion des VTC, un changement de paradigme s’applique au monde entier.

Tandis qu’en France, nous nous débattons dans une évolution très rapide, peut-être même trop rapide pour un marché très réglementé, ayant pour effet que les tentatives de solutions mises en place jusqu’ici ne parviennent pas réellement à résoudre l’équation.

Aujourd’hui, où en sommes-nous ? Que devons-nous prendre en compte pour nous donner les moyens d’envisager et de préconiser les bonnes solutions à une sortie de crise ?

Sortir de la crise nécessitait de trouver une solution respectueuse de l’ancien état et du nouvel état. Cela nécessite de comprendre à la fois les intérêts à préserver et les revendications à considérer. 
Les principales problématiques qui sont d’abord ressorties de nos analyses respectives sont l’importance de protéger les investissements des chauffeurs de taxis et la protection sociale des chauffeurs de VTC.

Mais ce que cela révèle surtout c’est la désuétude d’un modèle et le bouleversement du marché par un autre. C’est une forme de nouvelle querelle des Anciens et des Modernes, dans une application très ciblée ici, mais qui n’est pas embryonnaire du tout et porte en son sein la capacité de bouleverser fondamentalement le système économique, social et sociétal actuel. »

TAXIS contre VTC, comment sortir de la crise du transport rémunéré de personnes, en France ?

Un entretien avec Alain Accardo

« Pour faire ce travail de mise en forme de l’opinion, les médias recrutent des salarié(e)s sélectionné(e)s et formé(e)s de façon que toutes leurs propriétés (origine sociale, classe d’âge, parcours scolaire, diplôme universitaire, bagage culturel, goûts esthétiques, préférences morales, etc.) contribuent à les faire adhérer activement aux différentes expressions de l’idéologie dominante (hédonisme consommatoire, individualisme libertaire, écolo-humanitarisme, américano-tropisme, européanisme bruxellois inconditionnel, préférence pour le privé contre le public, hostilité envers le syndicalisme de classe et spécialement envers la CGT, favoritisme pour la CFDT, etc.), de même qu’ils adhèrent à cette forme d’analphabétisme politique caractéristique de la classe moyenne moyennement instruite qui consiste à réduire la politique à ce que les personnalités politiques, et en particulier celles occupant des responsabilités dans les appareils et les institutions, proclament qu’elles font, qu’elles ont fait ou qu’elles vont faire. La presse, avec ses journalistes et ses sondeurs, n’a de cesse de transformer la vie politique en une scène théâtrale où se déroule une joute verbale ininterrompue, ce qu’on pourrait appeler – pardon pour ce néologisme barbare – une parlocratie qui, faute de pouvoir empêcher radicalement toute critique sérieuse du système, a au moins pour effet de noyer et de désamorcer toute opposition. »

https://www.vice.com/fr/article/jpyx9b/les-medias-ne-sont-plus-que-tres-accessoirement-des-facteurs-de-lutilite-publique-un-entretien-avec-alain-accardo

Marine Le Pen, Schengen et la vaine instrumentalisation des frontières

« Rappelons que cette Europe de la sécurité trouve son origine, en 1976, dans la coopération Trevi. Historiquement, il s’agissait de lutter contre le terrorisme (en particulier du terrorisme palestinien), la criminalité organisée et le trafic de drogue. Face à ces phénomènes transnationaux, les États avaient initié une coopération politique visant renforcer une action collective. Les progrès menés par la suite en matière d’intégration résultaient d’un constat : la défense de la souveraineté entravait le renforcement de la lutte contre ces diverses menaces transnationales (par exemple le blanchiment d’argent ou le financement du terrorisme).

En remettant en cause l’acquis de Schengen, notamment dans son volet sécuritaire, au nom d’une politique de sécurité menée à l’échelon exclusivement national, le projet porté par la candidate frontiste menace d’opérer un grand bond en arrière dans l’édification de cette Europe de la sécurité, dont les criminels et terroristes seraient les premiers bénéficiaires. »

https://theconversation.com/marine-le-pen-schengen-et-la-vaine-instrumentalisation-des-frontieres-76970